Cessions immobilières : l’État est-il un bon gestionnaire ?

L’Etat gère-t-il bien son patrimoine immobilier ? Pas si sûr. En effet, les recettes des ventes d’hôtels particuliers, d’immeubles de bureaux ou de maisons ont été divisées par plus de deux en près d’une décennie. Et en 2017, elles sont retombées à 339,6 millions d’euros. Un montant en recul d’environ 40% par rapport à l’année précédente, et loin des 800 millions générés en 2006 et 2007, selon un rapport de la Cour des comptes repris dans un article des Echos.

Comment expliquer ce recul des ventes ? D’abord, progressivement, les biens attractifs qui peuvent être cédés se font de plus en plus rares, souligne le quotidien. « Le portefeuille de la direction de l’immobilier de l’Etat se compose aujourd’hui de biens en état médiocre ou qui justifient une remise aux normes environnementales et d’accessibilité ; nombre d’entre eux se situent au demeurant en dehors des zones attractives », note un rapport parlementaire de juin dernier du député Jean-Paul Mattei (Modem), président du Conseil de l’immobilier de l’Etat.

Des décotes importantes

Autre explication : les acheteurs professionnels de l’immobilier sont plus attentistes qu’avant en ce qui concerne les immeubles qui ne sont ni neufs, ni rénovés. Enfin, certaines cessions sont réalisées avec des décotes importantes par rapport aux prix du marché. Il s’agit d’une obligation légale datant de 2013 : certains biens immobiliers de l’Etat sont vendus moins cher pour permettre ensuite la construction de logements sociaux.

Il est donc peu probable que les cessions rapportent 490 millions d’euros en 2018, comme le prévoit le budget voté à l’automne dernier, conclut le journal. D’autant que parallèlement, les dépenses liées aux gros travaux d’entretien des immeubles et les investissements immobiliers ont atteint 517 millions d’euros, ce qui fait apparaître un déficit de 83 millions l’an passé.

Parmi les biens immobilier dont dispose l’État, on peut citer cet hôtel particulier du XVIIIème siècle à usage actuel de bureaux, occupé jadis par le ministère de la Culture et de la Communication. Situé dans le centre-ville d’Angers, il avait été proposé aux enchères en avril dernier, au prix initial de 800 000 euros.

Réalisez votre estimation gratuite en 3 minutes

Démarrer l'estimation